Formation Cinéma-Audiovisuel _ 2025 - 2026 - Arts Plastiques / Académie de Normandie

Formation Cinéma-Audiovisuel _ 2025 - 2026

Formation menée par Jessica Laurent, CLG Catherine BERNARD (76)

, par Virginie Michel

Une formation ancrée dans la pratique

Cette session de formation cinéma-audiovisuel a permis de réunir un petit groupe d’enseignants autour d’un objectif commun : explorer les possibilités de création vidéo à partir de la tablette. Le groupe restreint d’une quinzaine de personnes s’est révélé particulièrement propice à un accompagnement individualisé, chaque participant ayant pu avancer à son rythme, selon son niveau de départ et ses questionnements propres.
L’utilité pédagogique d’une telle formation repose sur plusieurs facteurs convergents :

Autonomie et accessibilité pour l’enseignant

Maîtriser la création vidéo sur tablette permet aux enseignants de :
• Produire leurs propres ressources adaptées à leur contexte (niveau, discipline, projet de classe), sans dépendre de contenus génériques.
• Réagir rapidement à un besoin pédagogique - tutoriel, retour sur une sortie scolaire - avec un équipement léger et toujours disponible.
• Impliquer les élèves dans des projets de création (reportages, courts-métrages, critiques filmées), ce qui développe à la fois leurs compétences techniques et leur esprit critique face aux images.

Un groupe hétérogène, une richesse pour les échanges

Les profils étaient variés : certains collègues pratiquaient déjà la vidéo régulièrement, d’autres n’avaient jamais utilisé la tablette en contexte pédagogique. Loin d’être un obstacle, cette hétérogénéité a nourri les échanges, les plus expérimentés partageant leurs astuces, les débutants posant des questions qui ont permis de reprendre les fondamentaux.
L’ensemble du groupe a manifesté une réelle envie de découvrir de nouvelles approches et de s’approprier les outils proposés. La formation a ainsi fonctionné comme un temps de partage et d’expérimentation collective, où chacun a pu à la fois apprendre et transmettre.

Ce qui a été travaillé

Les participants ont réalisé des expérimentations vidéo directement pendant la formation, en manipulant les tablettes et les applications disponibles. Ces productions, réalisées dans un esprit d’exploration et de tâtonnement assumé, témoignent de la diversité des approches possibles, et de ce que l’on peut obtenir en quelques heures de pratique accompagnée.

Point de vigilance  : la question du matériel
Le principal enjeu identifié concerne la pérennité de l’équipement. Les propositions de la formation s’appuient sur l’utilisation de la tablette, un outil accessible et polyvalent, mais plusieurs collègues ont exprimé des incertitudes quant à son maintien dans les dotations des établissements.
Cette question dépasse le cadre de la formation elle-même, mais elle mérite d’être prise en compte dans la réflexion institutionnelle : les compétences acquises ne pourront être réinvesties en classe que si le matériel reste disponible.

Cette formation illustre l’intérêt d’une approche par la pratique : en manipulant eux-mêmes les outils, les enseignants s’approprient non seulement des techniques, mais aussi une posture expérimentale qu’ils pourront transmettre à leurs élèves. Reste à garantir les conditions matérielles pour que cette dynamique se prolonge au-delà du temps de formation.

Pistes pédagogiques  : Stop motion au collège

Le stop motion (animation image par image) constitue un levier particulièrement efficace pour articuler pratique artistique, narration et compétences numériques. Sa mise en œuvre au collège s’inscrit naturellement dans les programmes d’arts plastiques, mais ouvre aussi des passerelles vers d’autres disciplines (français, sciences, histoire-géographie, éducation musicale).

Pourquoi le stop motion au collège ?

Le stop motion impose de séquencer une action, d’anticiper le mouvement, de revenir sur ses choix, autant de compétences transférables à d’autres contextes d’apprentissage.

Une technique accessible

Avec une tablette et une application gratuite comme Stop Motion Studio, les élèves peuvent réaliser une animation aboutie en une ou deux séances.

Le dispositif technique reste simple :

• Tablette ou smartphone sur pied/support
• Fond neutre (carton, tissu, mur)
• Objets ou figurines à animer
• Éclairage stable (éviter les variations de lumière)

Ancrage dans les programmes d’arts plastiques

Cycle 3 Expérimenter, produire, créer / Mettre en œuvre un projet >>> La représentation plastique et les dispositifs de présentation + L’image et le temps
Cycle 4 S’approprier des questions artistiques / Exposer, donner à voir >>> La narration visuelle
Le numérique comme outil et matériau + L’œuvre, l’espace, le spectateur

Propositions de situations pédagogiques

« La ligne qui s’anime »

Les élèves dessinent une ligne abstraite qui « pousse » progressivement sur une feuille. Chaque étape est photographiée pour créer une animation de 10 à 20 secondes.

Demande  : « Trace une ligne qui grandit et se transforme. Tu photographies chaque étape. À la fin, ta ligne doit sembler vivante. »

Objectifs
• Comprendre le principe de l’animation image par image
• Travailler la notion de mouvement et de temporalité
• Expérimenter un processus créatif séquencé

Matériel  : Feuilles blanches, feutres noirs, tablette sur support, application Stop Motion Studio
Durée : 2 séances de 55 minutes
Référence possible : Fantasmagorie d’Émile Cohl (1908), premier dessin animé de l’histoire du cinéma

« Objets en cavale »

Par groupes de 3-4, les élèves animent des objets du quotidien (trousses, gommes, clés, figurines) qui se déplacent, interagissent ou se transforment.

Demande  : « Vos objets prennent vie. Ils bougent, se rencontrent, racontent une micro-histoire de 15 à 30 secondes. Aucun personnage humain n’apparaît à l’écran. »

Objectifs
• Planifier une séquence narrative simple (début, milieu, fin)
• Répartir les rôles au sein du groupe (manipulateur, photographe, réalisateur)
• Expérimenter le cadrage et la composition

Matériel : Objets apportés par les élèves, fond uni (carton coloré), tablette, éclairage d’appoint
Durée : 3 séances
Prolongement : Ajout d’une bande sonore (bruitages, musique) avec une application de montage simple

« Métamorphose »

L’élève transforme progressivement une forme en une autre (cercle → visage, cube → maison, papier froissé → animal) en utilisant la pâte à modeler ou le papier découpé.

Demande  : « En 30 images minimum, fais passer ta forme d’un état à un autre. Le spectateur doit avoir l’impression d’une transformation continue, pas d’un saut brutal. »

Objectifs

• Travailler la notion de transformation et de continuité
• Anticiper les étapes intermédiaires
• Développer la patience et la précision du geste

Matériel  : Pâte à modeler ou papier de couleur, ciseaux, tablette
Durée : 2 à 3 séances
Référence possible : Les métamorphoses dans les films de Jan Švankmajer

« Stop motion scientifique »

(projet interdisciplinaire SVT / Arts plastiques)

Les élèves réalisent une animation explicative sur un phénomène scientifique : cycle de l’eau, érosion, digestion, tectonique des plaques, etc.

Demande : « Votre animation doit expliquer clairement le phénomène à un élève de 6e. Durée : 30 secondes à 1 minute. Vous pouvez utiliser des schémas, des objets, de la pâte à modeler ou du papier découpé. »

Objectifs
• Transposer un savoir scientifique en narration visuelle
• Séquencer un processus complexe en étapes compréhensibles
• Collaborer avec un enseignant d’une autre discipline

Matériel  : Matériaux variés selon le sujet, tablette, fond adapté
Durée : 4 séances (2 en SVT, 2 en arts plastiques)
Évaluation croisée : Exactitude scientifique (SVT) + qualité plastique et narrative (arts plastiques)

« Remake d’une œuvre »

Les élèves choisissent une œuvre d’art célèbre (peinture, sculpture, photographie) et la « mettent en mouvement » : les personnages s’animent, les éléments du décor bougent, la scène se prolonge au-delà du cadre.

Demande : « Choisissez une œuvre et imaginez ce qu’il se passe juste avant ou juste après l’instant représenté. Animez cette hypothèse en stop motion. »

Objectifs
• Analyser une œuvre (composition, narration implicite)
• Prolonger une image fixe par l’imaginaire
• S’approprier le patrimoine artistique de manière créative

Matériel  : Reproductions d’œuvres, figurines ou dessins découpés, tablette
Durée  : 3 à 4 séances
Références possibles : Le Déjeuner des canotiers (Renoir), Nighthawks (Hopper).