SCHERB André et LECOMTE Sophie, Une rencontre sensible d’une sculpture de Bernard Pagès, 2019 - Arts Plastiques / Académie de Normandie

SCHERB André et LECOMTE Sophie, Une rencontre sensible d’une sculpture de Bernard Pagès, 2019

1er Congrès international de la Théorie de l’Action Conjointe en Didactique, Jun 2019, Rennes, France.

, par Mael Judic

Quelques mots sur les auteurs ...

André Scherb est maître de conférences en arts plastiques. Agrégé d’arts plastiques et diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il a soutenu en 2009 un doctorat en esthétique à l’Université Paris 8 sur les processus de création en peinture contemporaine. Auteur de l’ouvrage La fable et le protocole (L’Harmattan, 2012), il explore la dialectique entre imagination et méthode dans l’acte créatif. Son travail artistique, exposé en France et à l’international (notamment à Taipei), interroge la matérialité et la pensée du geste pictural.

Sophie LECOMTE est une artiste plasticienne diplômée des Beaux-Arts de Paris et de l’Université Paris I, elle vit et travaille à Montreuil. Son œuvre explore une poétique de l’hybridation, mêlant matériaux naturels (lichen, pierres, mues, insectes) pour interroger la mémoire et le lien entre les règnes animal, végétal et minéral. Elle crée des sculptures et installations qui évoquent le temps, la disparition et la renaissance par l’art. Son travail a été acquis par des institutions comme le Musée de la Chasse et de la Nature et exposé en France et à l’international (Brésil, Macédoine, Slovénie). Elle collabore régulièrement avec le compositeur Alexandre Lévy pour des installations sonores interactives et participe à des projets mêlant arts visuels et sonores.

Résumé de l’article

La notion de « rencontre avec l’oeuvre » au sein des parcours d’éducation artistique et culturelle nécessite un dialogue entre le médiateur et l’enseignant autour de trois piliers : fréquenter (éprouver), pratiquer (faire) et s’approprier (réfléchir), (MEN, 2013/2016).

Notre étude aborde la dimension sensible de la rencontre en interrogeant particulièrement la présence corporelle face à l’œuvre. La valeur de la rencontre artistique tiendrait à la simultanéité d’une exceptionnelle présence du spectateur et de l’œuvre (Ardouin, 1997 : 54-55). Le philosophe H.U. Gumbrecht fait l’éloge de la présence en orientant l’attention vers les phénomènes qui affectent le corps et les sens plutôt que sur l’exclusive interprétation de l’oeuvre (2010 : 34). De même, le théoricien de l’art contemporain Marc Le Bot affirme que la fonction de l’art n’est pas de provoquer du sens, mais de la présence. Présence qu’il définit comme l’affrontement à l’altérité, à ce qui est pour la conscience infini, irréductible, inconcevable (1986 : 12).

La recherche didactique sur la réception des œuvres plastiques et littéraires est marquée par un changement de paradigme privilégiant au discours analytique centré sur l’œuvre elle-même, la relation intime qui se noue dans la rencontre entre l’œuvre et le sujet (Rannou, & Rouxel, 2012). En 2016, avec l’apparition de l’expression pédagogie du sensible, pour la première fois les programmes d’enseignement reconnaissent une appréhension sensible de l’œuvre, complémentaire d’une appréhension intelligible, visant à réconcilier le sensé et le sensible (Archat, Chabanne, Claude, 2013).

André Scherb, Sophie Lecomte

Pour en savoir plus...

SCHERB André et LECOMTE Sophie, Une rencontre sensible d’une sculpture de Bernard Pagès, 2019